2 p. in-8, Clisson, 12 [mai 1943]. “Cher vieux Marcel, Tu deviens en effet bien hargneux. Est-ce que je pouvais savoir qu’il y avait quelque importance à rapporter au susceptible Lacôte un bénin et sympathique propos venu de lui-même.La jeune poésie m’emmerde comme toi. D’abord je ne suis pas jeune (le cher René de ta lettre signifie tout à fait : vieux con). Je n’ai pas d’amis parmi les jeunes poètes (ceux qu’on appelle ainsi) et tu peux dire tout ce que tu voudras.Maintenant je ne vois pas pourquoi malgré ma pauvreté je n’aurais pas moi aussi les honneurs de l’imprimé. Après tout ma paye ne me fait pas honte et je ne suis pas le seul de cet avis.Quant à Bouhier mon amitié pour l’homme me défend de dire ce que je pense du poète (!) Le point d’exclamation est suffisamment éloquent.Pour te faire râler un peu plus je te demande à toi qui est riche si tu veux me donner un manuscrit pour les amis. Tu n’aurais pas à sortir ton argent et utiliserais comme nous tous les bulletins de souscription. Tâte-toi et réponds pour le fric. J’empoche tout, O Crésus, et t’embrasse. Job.”