Lausanne, Mermod, 1929, in-12, demi-maroquin vert à coins, dos à 5 nerfs, couverture et dos conservés, tête dorée, non rogné (Alix), 48 pages. Edition originale. Avec un portrait hors texte de l'auteur à cinq ans. 1/200 ex. num. sur Hollande (seul tirage avec 10 Chine). Bel envoi autographe signé à Florence GOULD : « Chère Florence, ce petit portrait se réserve et dit bien des choses. Ce jeudi, il est dans vos mains et à vos pieds ». Corrections et ajouts autographes dans le texte de la main de l'auteur. Peyron, 4.
2 LONGUES LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES DE CINGRIA ADRESSÉES A FLORENCE GOULD SONT JOINTES, montées sur onglets dans le volume. 4 pages dans la longueur, chacune 21 x 15 cm, c/o Guevara, Aix en Provence, sans date (1945-1947). CES LETTRES SONT INÉDITES.
« Chère Florence, Quelle joie de vous savoir si près ! Je reçois à l’instant la seconde lettre de Jean Denoël. J’ai répondu hier à la première. Tous ces retards s’expliquent dans le fait que les lettres mettent un temps infini à parvenir au Paradou. Mais je n’y suis plus. Je suis à Aix (61 cours Mirabeau, 3e étage), et quand je veux, j’ai le tramway sous mes fenêtres qui part pour Marseille où je trouve des oursins et des beaux articles et toute la vie. Le trajet dure 1h ½, et c’est toujours très drôle. Mais quelle joie de penser qu’on va se voir et visiter Aix ensemble. Je prépare donc un petit itinéraire artistique. Tézenas [connaissance de C.-A.C.] me télégraphie de revenir à Grenoble. Je lui écris que c’est impossible. Il ne lâche pas la proie pour l’ombre. Elle est charmante et je l’aime beaucoup, et le lac d’Annecy est merveilleux, mais j’ai besoin de mer et de tout ce qu’on trouve dans le midi. Et puis vous êtes là surtout ! Pour rien au monde il ne faut manquer l’occasion de se rencontrer. A un de ces jours alors, n’est-ce-pas ? Je vous baise affectueusement les mains ».
« Je vois que vous ne venez pas, ou que ce petit déplacement à Aix n’est encore chez vous qu’à l’état de lointain projet. Moi j’aurais bien voulu venir à Juan les Pins mais je n’ai pas ce qu’il faut, ni comme garde-robe ni comme pécule, et au surplus je suis malade. J’ai abusé des melons ainsi que des bains à la tombée de la nuit et mon estomac délabré réclame des antidotes – du yogourth ou lait caillé bulgare – qui est introuvable dans le Midi. Je vais alors remonter en Savoie et reprendre ma bicyclette ainsi que de l’argent et je reviendrai un peu plus tard. En tous cas si vous ne télégraphiez pas lundi (dimanche serait mieux si c’est possible) je me considère comme libre. Mais à bientôt de toutes façons car, comme je vous dis, je reviendrai. Il y a trop longtemps qu’on ne s’est vu et vous me manquez véritablement beaucoup. Croyez à ma vive amitié ».
Florence Gould, mécène américaine, reste célèbre pour avoir tenu un salon fort prisé où étaient reçues de nombreuses personnalités des milieux littéraires et artistiques. Outre Charles-Albert, parmi les convives réguliers des déjeuners du jeudi, on peut citer Marcel Jouhandeau, Jean Paulhan, Jean Cocteau, Pierre Benoit, Henry de Montherlant, Sacha Guitry, Jean Giraudoux, Paul Léautaud, Ernst Jünger.
Très jolie reliure d'Henri Alix, avec au bas du dos le chiffre de Florence Gould.